L’histoire de la coupe menstruelle

Juil 2, 2018 | La Cup

Si la coupe menstruelle s’est démocratisé ces dernières années, en réalité, c’est une protection périodique très ancienne.
Prêt.e à devenir incollable sur l’histoire de la cup ?

Fin du 19ème siècle : les ancêtres.

A la fin du 19ème siècle, plusieurs brevets sont déposés. Tous aux Etats-Unis, tous par des hommes, concernant des « réceptacles cataméniaux » – c’est manifestement ainsi qu’on appelait les futures coupes menstruelles à l’époque.

Pour la petite information étymologique, cataménial vient du grec ancien cata- (préfixe qui sert à former des mots avec l’idée de déchéance, de résorption, comme dans catastrophe ou cataclysme…) et -menial (dérivé du mois). Voilà. 

Allez, on te montre ces merveilles : 

En 1867, un brevet est déposé par S.L. Hockert, inventeur basé à Chicago  : il s’agit d’un récipient , terminé par une ficelle, elle-même reliée à une ceinture. Nous n’avons trouvé aucune information concernant d’autres inventions de cette personne. On ne sait pas si ce dispositif a été vraiment fabriqué, mais il est considéré comme le premier ancêtre de la cup menstruelle.

En 1884, un brevet est déposé par Hiram G. Farr, inventeur éclectique de Boston  (puisqu’on lui doit aussi des roues de chariot, un moteur combinant l’air comprimé et la vapeur et un dispositif visant à réduire le bruit des véhicules!)  : cette fois-ci, une « coupe » est positionnée dans le vagin, mais elle se termine par un tuyau donnant sur une poche située dans la culotte. Idéal pour les règles (très) abondantes !

Par la suite, en 1892, Julius J Vernier se lance lui aussi sur le sujet. Il commence par déposer un premier brevet, avec une cup interne et une poche souple externe, puis il l’améliore en 1893 en lui offrant un ‘support’ sous la forme d’une ceinture avec des câbles. Là encore, il nous est impossible de savoir di ce dispositif a été produit. 

Enfin, en 1901, Jacob R Lang s’intéresse lui aussi au sujet et invente ce bijou de technologie. Il s’agit d’une cup asymétrique, dont l’inventeur nous indique qu’elle aurait dû être fabriquée en caoutchouc dur. Elle dispose d’une ouverture à sa base, fermée par un bouchon à vis (repère B sur le dessin). Cette coupe menstruelle est la première qui n’a pas de support à proprement parler, mais qui tient dans le vagin grâce aux muscles. 

1932 : la Daintette.

La société The Dainty Maid, basée dans le Connecticut, USA, dépose 2 brevets en 1932 et 1935 et produit la cup Daintette en caoutchouc opaque vert.

Ce modèle n’est pas commercialisé en Europe.

1935 : Leona W. Chalmers.

Leona W.Chalmers, une actrice américaine, dépose un brevet qui fait d’elle l’inventrice reconnue de la coupe menstruelle. Peut-être parce qu’elle l’a fait produire avant la Daintette, les documents restent assez flous sur ce sujet ? La cup de Leona W.Chalmers commencera à être produite juste avant la 2ème Guerre Mondiale en caoutchouc vulcanisé.  Mais avec la guerre, tout le caoutchouc sera réquisitionné aux USA, et elle devra stopper la production de ses coupes menstruelles.

1959 : la Tassette.

Toujours aux Etats-Unis, Robert P.Oreck rachète les droits du brevet de Leona W.Chalmers et fonde Tassette Inc.

Il communique massivement (il louera même des panneaux publicitaires sur Broadway), mais il se heurte au puritanisme de ces concitoyens.

La Tassette sera une « opération blanche », dans le sens où il ne gagnera pas d’argent.

La production s’arrêtera en 1963, Oreck expliquant son échec par 2 facteurs : d’abord, la réticence des femmes de son temps à laver et réutiliser un produit d’hygiène (alors qu’on était en pleine période de consommation effrénée, les 30 Glorieuse), mais aussi la durabilité du produit, qui fait que les femmes satisfaites n’ont pas besoin d’en acheter une autre. 

Mais la société Tassette Inc. n’est pas dissoute pour autant…

1970 : la Tassaway.

… Tassette Inc. lance la Tassaway, une cup menstruelle à usage unique censée supprimer les freins de développement de la coupe menstruelle tels qu’identifiés par Robert P.Oreck avec la Tassette : les femmes n’ont plus à la laver, et elles doivent renouveler leur achat. 

Mais en 1972, Tassette Inc. est soupçonnée de fraude financière, ce qui la conduira à sa perte. Les cups Tassaway continueront cependant à être commercialisées aux Pays-Bas jusqu’en 1973.

1984 : the Keeper.

Lou H.Crawford lance The Keeper à Cincinatti, Ohio (USA). Le société existe toujours. 

La coupe menstruelle The Keeper est fabriquée en latex aux USA, et la société fabrique aussi la MoonCup USA, différente du modèle européen mais elle-aussi en silicone.

2000’s : multiplication des marques.

Des dizaines de marques voient le jour dans le monde entier. Toutes ou presque sont basées sur les premiers brevets, tombés dans le domaine public. 

Les principales différences entre marques se situent sur le design de la tige (pleine ou creuse, composée de boules ou de stries), sur les couleurs proposées (il en existe de toutes les couleurs, et même avec des paillettes!), ainsi que sur la qualité du matériau utilisé. 

2015 : la Cup Luneale.

Teolab dépose le brevet qui sert de base à la cup Luneale : une coupe menstruelle de nouvelle génération, sans tige, plus ergonomique. La tige est remplacée par une zone de préhension « prépincée » appelée le MoonPad. 

L’anneau supérieur est également amélioré, avec un profil en forme de goutte, pour une meilleure étanchéité.

Ce brevet Luneale, la 1ère innovation Française en matière de coupe menstruelle,  est aujourd’hui déposé dans +70 pays.

et demain?

Déjà, bravo si tu es arrivé.e en bas de cet article  (laisse-nous un commentaire comme une preuve de ton passage ici, comme on marque le sommet de l’Everest d’un drapeau !) 

C’est vraiment que tu es passionné.e par le sujet, calors on espère sincèrement que ça t’a plu et que tu as appris des choses. 

Alors, as-tu une idée des innovations en matière de coupes menstruelles qui arriveront dans les années à venir ? Qu’est ce qui te manque ? Qu’est ce qui pourrait être amélioré ? Bref, comment pourrait-on rendre tes règles plus douces ? N’hésites pas à nous le dire, Luneale s’est construit avec la communauté et continuera de l’être.

On t’embrasse.